De la langue des contrats et des palmipèdes

16 novembre 2018

Par Edgar

Catégorie : Nouvelles

Cathy Filion

C’est avec force détermination, une juste dose d’humilité et une humeur toute en humour que l’Edgarien François Champagne, fort de sa double formation de notaire et de traducteur, nous a fait don de son savoir sur une série d’expressions que tout traducteur juridique rencontrera, un jour ou l’autre, sur le difficile chemin du droit des contrats. Capable de vulgariser les termes les plus abscons de cette langue où rien ne doit être laissé au hasard, il nous a fait porter les souliers du rédacteur. Règle première : couvrir tous les cas possibles, même les plus retorses, pour parer aux éventuelles tentatives de la partie adverse d’exploiter cette faille qui nous aurait échappée.

Pour le traducteur, la route sera parsemée de coins mal éclairés, qui se juxtaposeront aux embûches premières du rédacteur. C’est ainsi que François nous a mis en garde contre le danger de confondre résidence et domicile, deux faux jumeaux. Il a aussi levé le voile sur le sens des mots posséder et détenir, qui sont loin d’être synonymes en droit. Il s’est même attaqué à la fameuse et sempiternelle expression without limiting the generality of the foregoing pour non seulement nous en expliquer l’utilité, mais aussi nous montrer dans la foulée comment la traduire sans commettre d’anacoluthe. Comme illustration, on aura eu droit à un palmipède ne répondant pas à la définition de « canard », comme quoi, en matière de syntaxe, il ne faut pas avoir peur de se mouiller.

Ainsi armé de quelques locutions latines et de sa vivacité d’esprit bien à lui, François n’a pas manqué d’originalité pour nous faire découvrir le sens de tant d’autres expressions redoutables, avec son arborescence de sociétés affiliées et de filiales, son petit cours sur les règles de conflit de lois – qui commandent la clause du droit applicable et de l’élection de for –, et ses élucidations conceptuelles sur société, personne et autres notions apparentées. Et comment ne pas mentionner son exposé coloré sur l’histoire des tribunaux de common law et d’equity, les premiers sous la férule du roi, et les deuxièmes sous celle du chancelier? De là serait né le besoin de mentionner tous les autres recours possibles en droit ou en equity.

Cette initiation à la traduction des contrats est bien prometteuse, car comme l’a dit François, difficile de choisir, parmi la multitude de difficultés linguistiques qui nous assaillent en traduction juridique, celles que l’on s’appliquera à élucider pour ses collègues, le temps d’une heure et demie de formation. Et si le contenu ne manque pas, le savoir de François, sa générosité et son talent, j’en suis certaine, ne nous feront pas défaut non plus. 


François Champagne, LL.B., DDN

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