Un rêve à portée de pied

31 juillet 2015

Par Edgar

Catégorie : Articles

Marie-Eve Castonguay, réviseure linguistique chez Edgar, a récemment vécu un important moment de sa vie. Retour sur une journée mémorable.

Samedi, 7 h 07
Dès son réveil, la jeune femme est fébrile mais confiante. Une grosse journée l’attend. C’est qu’aujourd’hui, elle devra exécuter différentes techniques de tai jitsu devant un jury composé de trois senseï dans l’espoir d’obtenir sa ceinture noire, premier dan. Elle entame un petit déjeuner de circonstances : beurre d’amandes et miel sur pain bûcheron, accompagné de son incontournable thé.

Le tai jitsu est un art martial d’autodéfense tout en mouvements circulaires. Ceux qui le pratiquent cherchent à utiliser un minimum de force pour avoir un maximum d’efficacité. Il emprunte différentes techniques au jiu jitsu, comme le dégagement, le déplacement, la frappe ainsi que les techniques de brise-chute et de contrôle. Cet art trouve un certain nombre d’adeptes chez les femmes, mais rares sont celles qui se rendent jusqu’à la ceinture noire.

Samedi, 9 h
Dès son arrivée au PEPS de l’Université Laval, elle commence son échauffement. Sur le tatami, tout s’évanouit. Le stress et les soucis du quotidien s’effacent. N’existent que l’ici et le maintenant. Elle sait qu’elle est prête : elle s’entraîne depuis sept ans en vue de ce jour. Au cours des dernières semaines, elle s’est entraînée chaque jour, ou presque. Elle connaît la technique. La forme est là : rien ne peut l’arrêter.

Morpheus

Samedi, 9 h 40
On exige de la candidate qu’elle présente différentes techniques de brise-chute, comme tomber sur le dos et éviter différents obstacles, et qu’elle exécute différentes frappes. On lui lit de nombreux mouvements et consignes qu’elle doit retenir avant de les enchaîner d’un seul coup, sans hésiter.

Samedi, 9 h 45
Elle doit maintenant faire la démonstration qu’elle maîtrise les techniques de tous les niveaux précédant la ceinture noire. On lui demande de présenter les programmes complets des ceintures orange, bleue, brune et noire, ce qui exige beaucoup de temps et de concentration. Elle doit également présenter des techniques hors programme, soit un programme personnalisé qui illustre son style. Elle puise dans ses nouvelles amours, l’aïkido, et s’exécute avec brio. Un travail qui lui demande une grande rigueur et une force d’esprit incomparable.

Samedi, 11 h 40
Enfin, l’impressionnant randori. Pour elle, le plaisir commence. Comme dans le Karaté Kid, elle est encerclée d’attaquants qu’elle doit affronter un à un. Elle ne sait pas ce qui l’attend et doit donc réfléchir rapidement à la façon la plus efficace d’éliminer l’adversaire.

Samedi, 11 h 45
Puisque la vie est pleine de surprises, pourquoi pas un test impromptu? On lui demande de résister aux tentatives de mise au sol déployées tour à tour par six attaquants.

Samedi, 11 h 55
Après plus de deux heures de combat, la fatigue commence à se faire sentir. Mais elle doit rester concentrée, car elle doit passer un dernier test spécial d’initiation auquel le public ne peut pas assister; il est réservé aux senseï. Nous avons essayé d’en savoir plus, mais mieux vaut ne pas contrarier une ceinture noire.

Samedi, 12 h 25
Le public revient dans la salle et le verdict tombe : examen réussi.

Au moment de recevoir sa ceinture noire, elle repense à ses débuts difficiles, à ses blessures et aux paroles de son père, qui ne croyait pas qu’elle était faite pour ce sport, mais qui est désormais convaincu. Sept années de travail acharné, de réveils au petit matin pour aller courir, de nombreuses soirées par semaine passées tantôt à faire de la musculation, tantôt sur le tatami. Alors qu’elle saisit entre ses mains le fruit de ses efforts, elle voit une porte s’ouvrir sur ses objectifs futurs.

Lundi, 9 h
Assise à son bureau, elle ressent encore les courbatures laissées par le combat de la fin de semaine. Ses bleus, témoins de sa passion, ne nuisent pas à son bonheur, bien au contraire. Ni à sa concentration. C’est que les bienfaits du tai jitsu se ressentent également dans toutes les sphères de sa vie. Devant son ordinateur comme sur le tatami, elle a la capacité de faire abstraction de tout ce qui l’entoure pour se concentrer sur ses tâches comme peu savent le faire. Cette concentration que lui donne le sport, elle l’utilise pour gérer son stress et son horaire. Et son grand calme a lui-même un effet apaisant sur tous les collègues qui travaillent avec elle.

Pour l’avenir, elle prévoit passer son deuxième dan, puis son troisième. Mais elle doit patienter encore deux ans avant de pouvoir le faire. Entretemps, elle enseigne à d’autres adeptes, débutants ou initiés, à qui elle insuffle de l’espoir et des rêves par son exemple. Et on a tous envie de l’avoir comme prof!

Marie-Eve en fait voir de toutes les couleurs à son uke, l'indestructible Ulysse.

Marie-Eve en fait voir de toutes les couleurs à son uke, l'indestructible Ulysse.

Marie-Eve exécute une technique de brise-chute.

Marie-Eve effectue une technique de brise-chute.

Photos de Jérémie Fuller modifiées par Vincent Mauger